Nicole

NICOLE : J’avais 20 ans.
C’est assez flou, c’était un moment assez agréable, vraiment agréable où je me sentais prise en charge et bon c’était d’une évidence, on s’est retrouvé dans ma chambre de bonne à St Germain des Prés qui dominait tout Paris, elle devait dix mètre carré et bon le jour J ça a été ce jour-là. C’était quelqu’un qui avait trente ans qui était très tendre, qui n’était pas une mauviette et à l’écoute physique de l’autre, ce qui n’est pas évident à rencontrer.
 
LA CONTRACEPTION :
J’ai le souvenir que le jour même comme il y avait le planning familial de Mabillon qui était très vaillant, d’une certaine façon je me suis précipité chez eux, j’ai obtenu une ordonnance que le médecin m’a jeté sur son bureau, c’est que le planning familiale à l’époque avait des médecins encore réfractaires. Pas de préservatif. Y avait pas de sida à l’époque. J’appartiens aux dix années glorieuses.
 
RÉFLEXION FAITES :
D’abord un corps c’est une propriété, c’est sa propre propriété, on a le droit de dire non.
Sans passé pour une idiote, non, ce qui est important c’est d’être acteur, acteur de soi parce qu’on est vraiment acteur pour l’autre, l’autre en face peut-être aussi très très inquiet ou avoir une angoisse aussi de dépuceler un être, donc ça peut-être aussi une expérience ratée.
Donc le choix, la confiance, le fait d’être chacun acteur pour moi c’est indéniable.
 
MA PREMIÈRE FOIS :
Ça charge, oui c’est comme une batterie mystique.

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