SEXOTUTO
EPISODE 06
Eddy - T'étais au courant ?
Ambre - Quoi ?
Eddy - Une plainte toutes les 21 minutes. C'est écrit là. T’étais au courant ?
Ambre - Les violences sexuelles ?
Eddy - Donc t’étais au courant ?
Ambre - Malheureusement, oui.
« Mesdames production » apparaît à l’écran suivi du titre « Sexotuto Les violences sexuelles.”
Eddy et Ambre dînent.
Eddy - Après, faut voir ce qu'on entend par violences sexuelles.
Ambre - Agression, viol, voyeurisme, harcèlement et les victimes sont les filles comme les garçons.
Eddy - C’est quoi, la différence entre viol et agression sexuelle ?
Ambre - Un viol, c'est quand il y a pénétration sans consentement avec un sexe, un objet, un doigt, une langue.
Eddy - Et agression sexuelle ?
Ambre - Agression sexuelle, c'est quand il n'y a pas de pénétration. Je récapitule : imposer des intentions sexuelles à l'autre, c'est interdit. Lui dire : "T'es bonne" ou "Tu m'excites" contre son gré, c'est interdit. Regarder l'autre avec insistance en sachant qu’il ou elle est mal à l'aise et continuer quand même, c'est interdit aussi.
Eddy - Et se masturber devant l'autre ou lui montrer son sexe, lui montrer des vidéos ou des photos à caractère sexuel sans son consentement, pareil ! C'est interdit.
Ambre - En fait, c'est pas cool à vivre, donc c’est pas cool à faire. Et c'est puni par la loi, même si on est mineur.
Eddy - Et parfois, on arrive pas à dire non mais c’est pas pour autant qu’on accepte. Et pour ce qui est question de consentement, allez voir l'épisode sur le consentement.
Ambre - Il y a la question des plaintes, seulement 4 % des violences sexuelles font l'objet de plaintes.
Eddy - Attends, seulement 4 % ?
Ambre - Ouais. C'est hyper compliqué de déposer plainte. Déjà il y a la peur de ne pas être cru. Et c’est encore plus compliqué quand l'agresseur est un parent ou un proche de la famille ou qu'il exerce une autorité, comme un prof ou un entraîneur sportif. Dans la grande majorité des cas, les victimes de violences sexuelles connaissent leur agresseur.
Eddy - J’imagine qu’en plus c'est difficile pour les victimes de réaliser ce qui se passe ou même de mettre des mots dessus.
Ambre - Mais grave ! Très important : on ne rejette pas la faute sur la victime.
Eddy est dans la pénombre.
Eddy - Mais pourquoi t'en as pas parlé avant ? T’es sûre que t'en rajoutes pas un peu ? Mais sérieux, t'as vu ta jupe, aussi ? T'avais fait quoi ?
Ambre - Tout ça, c'est non ! Le problème vient toujours de l'agresseur, jamais de la victime.
Eddy - Et puis c’est pas parce qu’une victime ne semble pas traumatisée de l'extérieur qu’elle ne l’est pas.
Ambre est assise sur un lit. Une femme est prostrée à côté d’elle.
Ambre - C’est un traumatisme énorme et ça peut vraiment prendre des années pour se réparer.
Eddy - C’est pas normal de considérer qu’on peut pas faire ce qu'on veut à quelqu'un. Dans un monde idéal, on pourrait sortir nu sans se faire agresser.
Ambre - J’ai un point à faire aussi sur le cyber harcèlement.
Eddy - Les sextos, c’est ça ?
Ambre - Pas exactement. Le cyber harcèlement, c’est le fait de harceler une personne en ligne.
Eddy - Comme son nom l'indique.
Ambre - J’ai pas fini. C'est pas toujours sexuel. Parfois c’est verbal, en humiliant, en insultant. Mais c’est pas de ces cas-là dont je veux parler.
Eddy - Tu veux parler des sextos ?
Ambre - Pas que. Alors effectivement, le cyber harcèlement, ça peut être des messages sexuels
à des gens qui n'ont rien demandé, textes ou photos.
Eddy - Les fameuses dick pics, photos de sexe, les nudes. Et ça, c'est puni par la loi.
Ambre - Et des images de toi qu’on va montrer sans ton accord, parfois c’est des photos ou des vidéos très intimes qui sont faites pour rester privées.
Eddy - Et ça aussi, c’est puni par la loi. Même pour se venger. On ne balance pas des images de quelqu’un sans son accord.
Notification sur le téléphone.
Ambre - Ah ! On a une question. Tu veux répondre ?
Eddy - Allez.
La question : “Qu’est-ce qu’un pédophile ?” apparaît à l’écran.
Ambre - C’est Mounia, 11 ans, qui aimerait savoir ce qu'est un pédophile.
Eddy - Salut, Mounia. On dit plutôt un pédocriminel. C’est une personne qui est sexuellement attirée par les enfants ou les adolescents. Souvent, c'est un proche de la famille, un prof ou même un parent. Et c'est strictement interdit par la loi, comme toute relation sexuelle entre les adultes et les enfants. Il y a un numéro qui peut aider. C'est le 119.
Notification sur le téléphone.
Ambre - Ah ! Cette fois c’est le message de Gabriel, 13 ans.
La question : “Dans le bus, un garçon s’est collé très près d’une fille de ma classe sans qu’elle le veuille. Je n’ai rien fait. Comment j’aurais dû réagir ?” apparaît à l’écran.
Ambre - Dans le bus, un garçon s'est collé très près d'une fille de sa classe sans qu’elle le veuille. Gabriel n’a rien fait et il demande comment il aurait dû réagir.
Eddy - Tu veux répondre ?
Ambre - Gabriel, sache que quand on est choqué, ça peut être très difficile de réagir. C'est le cas
quand on est témoin mais encore plus quand on est victime.
Eddy - Dans ces moments-là, on se sent parfois incapable de réagir, on est tétanisé par la peur, on attend que quelqu'un d’autre fasse quelque chose.
Ambre - Mais t’as raison de te poser la question de ta réaction. Et si tu te la poses, c’est que la moitié du chemin est déjà faite. Donc, tu peux faire une réflexion à l'agresseur, détourner son attention, demander de l'aide aux autres adultes ou encore proposer ton siège à la victime pour qu’elle s'éloigne, par exemple. C’est un peu dur tout ça.
Eddy - C’est vrai. Mais au moins on aura appris une chose aujourd’hui, c’est que pour les témoins comme pour les victimes, il y a un numéro, et ce numéro c’est le 119. Le 119, il est là pour toi 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 pour tous les jeunes en danger. Gratuit et anonyme.
Ambre - T'as raison. Ces statistiques, on n'en veut plus !
Ambre jette le téléphone d’Eddy.
Ambre - On compte sur vous.
Eddy - On compte sur vous. Mon téléphone.
Apparaissent à l’écran les coordonnées de Violences Femmes Infos, Net Écoute, Allô Enfance en Danger suivies du générique.