Le porno, le porno… On nous rebat les oreilles avec le porno. Mais pourquoi, au juste ? Quel est le problème avec les films X ?

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La fabrique de l’excitation

Le monde du porno est une industrie cinématographique qui produit de manière industrielle des contenus sexuels. Le but de ces produits est de susciter l’excitation chez le spectateur.
Qui dit produit, dit marché. La production s’adapte aux fantasmes des acheteurs. Dans le porno, on trouve ainsi des produits de « grande consommation », très standardisés : le bon vieux porno hétéro (« Bonjour, c’est le plombier ! »). Et des produits de niche, avec des pratiques très spécifiques, parfois très hard : SM , bondage (pratique qui consiste à attacher ou être attaché-e par son/sa partenaire), partouze , etc.

De l’image, toujours de l’image

Le porno, c’est de l’image et du son. Et donc, dans un sens, contrairement au rapport sexuel dans la vraie vie, il manque le meilleur : toutes les manifestations du plaisir qui ne passent pas par la vue et l’ouïe. Il faut donc matérialiser ce plaisir dans la mise en scène.
Comment ? On demande aux acteurs (surtout à madame) de crier « Oh oui, oh oui ! » pour que le spectateur comprenne que c’est bon !
Tu t’es déjà demandé pourquoi les acteurs éjaculent toujours à l’extérieur ? Même explication : il faut montrer l’orgasme , l’éjaculation   !

Droit au but

Parce que les films pornos sont faits pour générer de l’excitation de manière efficace, de nombreuses choses dont on doit se préoccuper dans un vrai rapport sexuel passent à la trappe.
Les préparatifs de toutes sortes, comme le consentement par exemple. Dans le porno, le consentement est sous-entendu pour tous les acteurs, ou alors, l’absence de consentement est mise en scène de manière problématique : on laisse entendre que l’actrice en aurait envie sans vraiment le vérifier, voire qu’elle dit non, mais ne le pense pas. Mais dans la vraie vie, attention ! Le consentement est primordial, et avoir un rapport sexuel doit être ok pour tous les partenaires.

Tout ce qui prend du temps et qui est nécessaire pour qu’un rapport se passe bien est coupé du film. Par exemple, tous les préliminaires qui vont rendre possible la pénétration vaginale ou anale (la sodomie )  ne sont pas très intéressants pour l’image. Alors, à l’image, on ne voit que des orifices déjà dilatés, prêts pour la pénétration.

Hommes et femmes : marteaux-piqueurs et poupées gonflables ?

Dans les films porno, les scénarios sont très standardisés. Chacun son rôle bien défini : les hommes sont des marteaux-piqueurs sexuels, et les femmes des objets passifs, toujours disponibles et bien disposées à l’idée d’un rapport sexuel. Dominant, dominé.

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A trop regarder ce genre de vidéos, on a parfois tendance à croire que c’est ce qui est attendu des garçons et des filles. Alors on se détend : les femmes ont le droit d’être à l’initiative, d’avoir des poils, de ne pas faire de fellation  ; les hommes peuvent ne pas avoir envie, être doux, dialoguer avec leurs partenaires. Bref, chacun peut être ce qu’il a envie, en accord avec son partenaire.

Et les IST dans tout ça

On ne voit jamais les acteurs ouvrir le tiroir de la commode pour prendre un préservatif, ouvrir l’emballage et enfin l’enfiler. Il apparaît magiquement…

Quand il y en a un ! Parce que très souvent, c’est fellation sans préservatif, cunnilingus  sans protection : des pratiques qui peuvent rendre possible la propagation des IST. Parfois, le mec a un préservatif mais il a un rapport anal. Puis, une fellation ou une pénétration vaginale. Sans changer de préservatif ! Les germes  peuvent alors passer de l’anus à la bouche ou au vagin . Et quand ils se la jouent à plusieurs. Pareil. De l’anus de l’un-e au vagin ou à la bouche de l’autre.
Alors petit rappel :

- Un préservatif, masculin ou féminin, ça ne sert qu’une fois. Après, poubelle. On ne passe pas de l’anus au vagin ou à la bouche avec le même préservatif. Sinon les germes passent avec.

- Pas de fellation sans préservatif. Pas de cunnilingus sans protection (un morceau de préservatif entre sa bouche et le sexe de la fille), encore moins de pénétration.

Laisser la place à l’imaginaire

Ce qui fait les fantasmes, c’est l’imagination. Mais si tu satures ton esprit d’images, alors quand tu auras besoin de stimulation (masturbation ou rapport avec un-e partenaire), ton cerveau ira directement rechercher les images pornographiques auxquelles tu as été exposées. Tes envies se calqueront sur ce que tu as vu, et Il sera plus difficile de te créer ton propre univers de fantasmes.  

Et alors ? Le risque, c’est que tes futurs rapports se ressemblent tous. Tu ne te laisseras plus surprendre, il n’y aura plus de place pour la découverte. Cela peut réduire ta sexualité et la rendre ennuyeuse.

Alors pour garder de la créativité et découvrir ce qui te plait vraiment à toi (et à ton/ta partenaire), mieux vaut ne pas consommer trop d’images pornographiques, laisser travailler ton imagination et dialoguer avec ton/ta partenaire.

Article mis à jour le : 07/2021

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1 commentaire

03/06/2020 14:15

aaaa

Je regarde du porno mais je n'arrive plus à m'arrêter
Help !!!!!!

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Nicolas d'

Si tu t’inquiètes par rapport à ta consommation de porno, tu peux par exemple te questionner avant de regarder une vidéo : est-ce que tu y vas parce que tu t’ennuies ? parce que tu ne sais plus quoi faire ? Le porno amène souvent à la masturbation et à la jouissance, c’est donc une source de plaisir et de satisfaction, mais est-ce la seule pour toi ?

La pornographie et encore plus l’addiction au porno est encore un sujet tabou. Parce qu’il renvoie à quelque chose d’intime, de personnel ça peut être compliqué d’en parler. Si tu ne te sens pas à l’aise de le dire à tes parents, ça peut être un autre adulte par exemple l’infirmière ou le psychologue de ton établissement. Tu peux aussi appeler le Fil santé jeunes gratuitement au 0800 235 236 ou leur écrire https://www.filsantejeunes.com/addiction-au-porno-20922.

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